Nouveau livre de bord de Pen Coat, la renaissance, ou l'aboutissement personnel

Added 5/7/2013

 

Hier soir, 4 Juillet 2013, je consulte mes mails.

Je lis alors un mail dont l’objet est « Invitation Fest Noz Pen Coat Vendredi 12 Juillet 2013 »

L’émotion est grande, à la lecture du titre.

J’ouvre alors ce mail. Je vois un carton d’invitation, très joli, très bien fait, qui rentre parfaitement dans l’état d’esprit du Pen Coat, et ce qu’il a vécu dans ma famille de 1984 à 1997.

Ce carton d’invitation est l’Inauguration du Pen Coat prévu le 12 Juillet 2013 après un an de restauration.

L’émotion est grande, l’émotion est belle.

Le Destin existerait-il alors ?

Pen Coat a été acquis par mes parents en 1984. C’est un Cotre norvégien en bordés acajou de 1962, gréement sloop marconi.

C’est sur ce magnifique Cotre de fière allure que ma  passion de la mer, de la voile m’a piquée. Par mon père. Qui n’a pas manqué  au passage de m’instaurer les valeurs humaines qui s’y rattachent…

C’est l’histoire de ma vie, de ce que je suis aujourd’hui, de mes parents, de vacances inoubliables, de week-end aussi agités que calme, la météo se chargeant de l’ambiance du moment.

Papa a malheureusement été atteint d’une grave maladie en 1992. Ce qui bien sûr à mis entre parenthèse les navigations, et surtout à ce moment là la restauration du Pen Coat, qu’il avait entrepris deux ans auparavant.

Le mal qui le rongeait l’a épargné durant un an et demi entre début 1993 et mi 1994.

Cela lui a permis de terminé la restauration et de naviguer à nouveau. Quelques mois…

La maladie lui a laissé peu de répits et à finis par l’emporter en Février 1996.

Pour ma part, alors âgé de 17 ans, quelque chose en moi est anéantis. Mon père n’est plus là, notre passion commune ne peut plus exister. Mes projets nautiques tombent à l’eau ; sans lui, ma passion ne peut vivre.

C’est lui qui portait mes ambitions. C’est lui qui me poussait à foncer dans ce domaine. C’est lui qui me donnais cette force et cette détermination à faire de la mer, de la voile mon métier ; jusqu’à la plus haute ambition, le somome des skippers (coureurs) professionnels.

Il est parti, c’est dur, très dur. Ça m’arrache les tripes. Une partie de moi s’en est allé, avec son amour, son savoir, ses connaissances, son génie…  

Lui est partis, Pen Coat est là.

Impossible de m’en séparer, je le garderais, coute que coute, et lorsque je pourrais, je le retaperais, et je naviguerais. Comme Eric Tabarly. Pen Duick 1, il l’a stocké dans un hangar pendant des années avant de le retaper et le faire naviguer. Je ferais pareil, c’est décidé.

Les années passent, Pen Coat est au sec, sous hangar. Je ne suis pas prête. Le serais-je un jour ?

Je le garde, je ne peux m’en séparer. Pas une deuxième séparation, non. C’est inconcevable.

Des années durant (15 ans), je vis près de la mer ; je me ballade ; je vis la vie lambda de Mr et Mme tout le monde.

Sauf que : lorsque je vois la mer, ça m’arrache les tripes ; lorsque je vois un voilier, j’ai mal au bide. J’ai mal. Profondément mal.  Je suis à terre. Je me demande ce que je fou là ; je me demande quand je retournerais sur l’eau ; j’envie profondément ceux qui naviguent.

Je ne peux vivre car il manque une partie de moi. Il me manque ces sensations… Le vent dans les voiles ; les paquets de mer dans la gueule ; le tangage lorsque le voilier suis le mouvement des vagues, de la houle, de la mer. Le bonheur et la plénitude d’être sur l’eau, de naviguer, de faire corps avec le bateau le vent et la mer ; les sensations qui m’ont fait vivre lorsque j’étais gosse.

L’eau qui circulait dans mes veines était vide de sel. Comme du sang sans plaquettes. Comme du sang sans globules. Mortel…

Et puis…

Un matin d’Avril 2006, après une bonne nuit de sommeil, je me réveille. J’ouvre les yeux. Et je vois.

Je vois les images de ce rêve que j’ai fait…

Je suis sur une autoroute. Je roule. Tout d’un coup, face à moi, une coque. Une coque en polyester gelcoatée, brut de toute peinture, comme sortie du chantier, toute neuve. Elle est belle, propre, lisse et surtout, ENORME !!! Elle prend toute la largeur de l’autoroute. Je dois m’arrêter, je ne peux plus avancer. Je me retrouve face à elle, à son étrave. Je suis toute petite. Elle est belle, prend tout la place et m’empêche d’avancer. Elle(ou il) est là. Fin du rêve…

En Juillet 2006, j’acquiers Rêvuha, Sun Shine 36 de 11m95 ; de 1983.

La vie recommence…

L’histoire s’écrit, une belle histoire, Mon Histoire…

Pen Coat, quant à lui, est toujours au sec, sous hangar. Il doit avoir mal. J’ai mal aussi de la savoir au sec. Un navire doit toucher l’eau, sinon ce n’est pas un navire.

Je dois lui donner une nouvelle vie. Pour lui d’abord, pour mon père ensuite, et pour moi.

S’enchaine alors  différente investigations pour le faire revivre. Mais pas avec moi…

Le musée martime de la Rochelle, en particulier Jean-Yves Gallet est vraiment séduit par le projet. Pen Coat et son histoire, comme JOSHUA. Pen Coat, lui, n’a pas fait le tour du monde, ni même un et demi, mais l’histoire est belle.

Le projet est lancé.. Une nouvelle vie pour Pen Coat, une belle vie. A la JOSHUA.

Malheureusement, ce projet n’aboutira pas ; faute de moyens pour le restaurer.

Je le vends finalement à une personne, qui en fait ne trouvera pas le temps pour s’en occuper.

Puis cette personne, également séduite par l’histoire du Pen Coat, le revends à son tour à deux gars passionnés, connaisseurs, bon vivants, bretons et du surcroit, MARINS !

Cela démarre il y a un an.

Hier, 4 Juillet 2013, je reçois cette invitation à l’inauguration du Pen Coat (qui s’appel toujours Pen Coat…)

Aujourd’hui, 5 Juillet 2013, Pen Coat est prêt (ou presque) à naviguer.

Deux personnes l’ont restaurés avec passion pour naviguer, et naviguer un bon bout de temps. Pen Coat revit. Pen Coat va pouvoir à nouveau braver les flots, s’exprimer, montrer ce qu’il a dans le bide (et dieu sait s’il en a !) , faire le bonheur de ses propriétaires, et putain : BIN JE RACONTE MEME PAS COMMENT C EST BON !!!

Serait-ce le destin ?...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tags : Voilier
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